Que faut-il changer pour être vraiment heureux ?

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D’aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours voulu être différente de qui j'étais, tout en me sentant profondément à part, différente, bizarre. Je voulais être plus grande, plus mince, je voulais des cheveux bouclés, une autre couleur d’yeux. J’aurais voulu être plus sportive. Mais bien plus que simplement vouloir être différente physiquement, je voulais me sentir différente. J'avais toujours l'impression que les autres géraient mais pas moi. J’admirais les working women qui partent toute la journée jusque tard le soir pour faire un boulot super excitant (en apparence en tout cas). J’admirais également ces mères qui semblaient si épanouies à prendre soin de leur famille à temps plein et je me sentais parfois un peu perdue parce que je ne tombais dans aucune de ces catégories. Je n’appartenais à aucun groupe. 

Je voulais avoir un objectif de vie glamour, transpirer la sérénité et la confiance en soi. Mais sans succès, parce que je cherchais l’étincelle partout sauf là où elle se trouvait. J’ai passé des heures interminables sur mon coussin de méditation, j’ai mangé 100% cru et bu mes shots d’herbe de blé et mes smoothies verts quotidiens. J’ai couru, suivi des semaines d’entrainement intensif de pilates, j’ai même parfois pris deux cours de yoga par jour. J'aurais changé tout ce qui pouvait être changé : mon régime alimentaire, mes habitudes, mon état d'esprit. Je croyais qu’il y avait quelque chose, quelque part, à essayer qui me mènerait à cet état ultime et mystérieux, que l’on n’atteint qu’au prix d’un changement drastique. J'ai étudié et appliqué des stratégies, travaillant dur pour devenir plus efficace. Quelqu’un de meilleur. Quelqu’un de différent. Et ainsi de suite, jusqu’au burn-out. J'étais épuisée et après avoir cherché un changement extérieur à l'extrême, je ne savais plus qui j'étais.

Je ne fais pas l’éloge du statu quo et je ne dis pas non plus « à quoi bon », mangeons de la junk food, laissons-nous aller, épuisons notre santé et nos proches puisque rien ne peut s’améliorer. C’est même tout le contraire. Mais c’est la qualité de notre intention qui est déterminante. Qu’est-ce qui nous motive et préside à la fois à notre désir de changement et notre passage à l’action ? Voulons-nous essayer de nouveaux comportements pour changer qui nous sommes parce que nous n'aimons pas ce que nous voyons dans le miroir chaque matin?

Avant d’examiner notre intention, considérons la question de la perception. La perception que nous avons de nous-mêmes définit souvent la perception que nous aurons du monde. Souvent, nous avons une vision déformée de nous-mêmes et nous ne voyons pas la bonté qui se trouve déjà à l'intérieur de chacun de nous. Cela nous amène à vouloir changer les choses, surtout à l'extérieur, pour nous débarrasser de cet inconfort et de cette insatisfaction. Quand nous ne parvenons pas à nous connecter à nous-mêmes, il est plus difficile de se connecter au le monde extérieur. La peur nous empêche d’être authentiques voire vulnérables et nous préférons changer nos conditions extérieures au lieu d'évaluer les distortions de notre perception . C'est un paradoxe: nous voulons nous changer extérieurement pour nous intégrer. En faisant cela, nous ne changeons rien, nous essayons de forcer une adaptation superficielle.

La société dans laquelle nous vivons applique un filtre à tout ce que nous percevons, y compris nous-mêmes. C'est un peu comme lorsque nous mettons un filtre Instagram sur une photo qui ne serait pas assez bonne telle qu’elle. C’est comme si toute notre vie était « photoshoppée ». Il faut du courage et des tripes pour commencer à gratter ce vernis social et voir les choses telles qu'elles sont. Il en faut encore davantage pour essayer de commencer à s’aimer soi-même. Oui, gratter le vernis peut être effrayant, peut-être que nous n’aimerons pas ce qu’il y a dessous. Mais peut-être aussi finirons-nous par découvrir que la pellicule brillante n’est pas si reluisante. Peut-être découvrirons-nous que c’était elle qui nous empêchait de briller réellement.

Avec le temps, je me suis rendue compte que le meilleur moyen de passer au travers du filtre est de reconnaître et d’admettre nos réelles intentions. 

  • Pourquoi voulons-nous un changement?

  • Pourquoi pensons-nous que nous devrions être une meilleure personne?

  • Que signifie être bon ou meilleur? Mieux que quoi ou qui?

Nous voulons perdre du poids parce que nous pensons qu’on nous aimera davantage comme cela. Nous travaillons plus dur pour impressionner nos collègues et notre patron. Nous voulons être des mères parfaites pour gagner le respect de notre communauté. Nous voulons changer et devenir meilleures pour être acceptées et enfin avoir un sentiment d’appartenance.

Aucune raison n’est mauvaise en soi. Il nous faut seulement en prendre conscience et nous demander comment nous nous sentons, en vérité, à propos d’elles. Enfin, et surtout, lâcher prise afin de revenir à notre intériorité. Il est plus aisé de bien agir quand nous somme en mesure de sentir le bon en nous-mêmes. Et dans le même temps, il est capital que nous soyons en mesure de faire face à nos zones d’ombre. Reconnaître notre propre grandeur et notre bonté, nous donne la capacité d’accepter notre propre obscurité puis d’avancer avec plus de sérénité et de compassion. 

Lâcher prise de notre besoin de changement ouvre la porte à une véritable croissance intérieure où nous pouvons choisir d’aligner nos intentions avec notre intériorité et nos valeurs fondamentales les plus élevées.

Cet alignement intérieur peut donner lieu à d’intenses changements externes. Votre entourage vous demandera peut-être pourquoi ou comment vous avez fait pour changer à ce point. Certains vous verront peut-être encore à travers le filtre. Faites preuve de patience et d’empathie dans cette transition vers vous-mêmes.

Pour pouvoir nous aligner sur nos valeurs fondamentales, nous devons également en prendre conscience. Après des années de construction de murs émotionnels, d'accumulation de déceptions et d’échecs présumés, nous perdons parfois de vue ce qui nous rend humains. 

Je me souviens encore de cette impression d'être un robot, d’être en pilote automatique, en mode survie. La maison, le travail, le conjoint, 2,6 enfants et un prêt immobilier. A peine le temps de respirer, alors comment prendre le temps de penser à des valeurs, à mon intériorité ou à comment être un être humain décent. Jusqu’au burn-out. Mon mariage s'est effondré et je suis devenue tout ce que j’avais toujours juré de ne pas devenir: une femme triste, aigrie, démotivée et une mère débordée. On dit qu’il faut toucher le fond pour enfin se réveiller. Je ne sais pas si c'est toujours vrai, mais je suis tombée au plus bas à un moment de ma vie et cela a été un tournant décisif. Je n’avais plus le choix, je devais regarder mes erreurs et mes culpabilités en face.

Mais le véritable choc a été, après avoir fait un long travail intérieur, de voir le bien en moi et de lui permettre de faire surface. Un coming-out timide, rafraîchissant et stimulant en même temps. Lâcher prise de la culpabilité, de la honte et du ressentiment est ce qui a ouvert mon espace intérieur et m'a permis de questionner mes valeurs fondamentales. 

Ce fut un acte libérateur d'auto-pardon et de résilience. N’attendez pas de toucher le fond pour en faire l’expérience. Le changement le plus important et le plus significatif que vous pouvez accomplir c'est de commencer à être pleinement vous-mêmes. Après tout, c'est peut-être la seule chose que vous n'avez pas encore essayée.